La dictature de la gratuité du net

La gratuité du net doit-elle commencer à compter ses jours ? La question, ancienne, est d’actualité. Alors que je patiente depuis de longues semaines pour en parler, je la vois fleurir dans tous les coins. Ni manager ni analyste de l’économie du net, j’ai néanmoins à la fois le point de vue d’un petit soldat « producteur de contenus » qui en connaît quelques autres et celui d’un utilisateur ayant engrangé un paquet d’heures de vols sur la toile. Entre course débile à l’audience, tyrannie de Google et tracking publicitaire, en ce qui me concerne, la question ne se pose pas : la gratuité est bonne à jeter et elle a fait plus de mal que de bien. 

Histoire qu’on se mette d’accord : si vous connaissez le sujet par coeur vous n’apprendrez rien, toutefois si vous êtes un lecteur lambda qui se pose des questions sur la survie des sites qu’il aime, vous découvrirez peut-être deux ou trois petites choses « qui vont vous surprendre ». Et vous me pardonnerez si le traitement est plus épidermique qu’analytique et sans aucun doute ben trop long.

Le mythe du dieu Gratuytos et sa place dans l’allégorie de la Toile

Il n’existe pas 50 façons de gagner de l’argent en éditant un site web : soit on diffuse de la pub afin d’assurer la livraison d’un contenu gratuit à ses internautes, soit on propose un accès payant, partiel ou total. Entre les deux extrêmes, on trouve de rares modèles alternatifs. Parmi eux, on peut citer celui que l’Odyssée Interactive, qui éditait jeuxvideo.com, avait choisit à ses débuts. « Editait » car elle n’existe plus vraiment. La société tirait une partie de ses revenus de la conception de sites pour des tiers, une activité qui lui avait notamment permit d’échapper à l’explosion de la première bulle spéculative du web. La solution n’aura toutefois duré qu’un temps, devenant, en gros, plus une dispersion des ressources qu’une source de revenus (enfin si Lightman passe par là et peut confirmer ou me corriger…)

Les portes de l'interweb s'ouvrent à moi !!

Les portes de l’interweb s’ouvrent à moi !! « Bart + pantalon »

L’abonnement pour sa part a toujours été une question taboue sur le net. Un a priori culturel, voire un acquis social que l’on défend l’arme au poing. Moi-même, qui traîne sur le réseau depuis les années 90 parce que j’ai eu la chance de commencer très tôt, j’ai longtemps rejeté l’idée de payer pour accéder à une info. Comme tout le monde, j’avais adopté cette vision utopiste d’un joli web, mode d’accès gratuit à une infinité d’informations, de connaissances, de partage et de gif animés de Bart Simpson qui baisse son pantalon, le village global, l’autoroute de l’information, toutes ces bêtises. Par ailleurs, à l’origine, le web était surtout composé de sites amateurs qui partageaient sans se poser de questions tout ce qu’ils pouvaient. Un web de hippies en somme, sur lequel on pouvait avoir du « succès » avec un site un peu crado pondu sous Frontpage Express. Autant vous dire que j’en suis revenu… Le net est historiquement un média gratuit, comme si créer, entretenir et remplir un site ne coûtait rien. Personne ne veut payer et chacun se plie à cette contrainte héritée d’une époque lointaine de pages perso. Une idée entretenue par les start ups et la croissance du web des années 2000 qui ont fait du modèle actuel une sorte d’étalon solidement enraciné dans les esprits. Depuis, on est passé d’un réseau de sites amateurs pesant quelques kilos octets à un réseau dont se sont emparé les professionnels avec des besoins et des ambitions en perpétuelle croissance, d’abord sous une forme un peu artisanale, puis à travers de grands groupes.

Reste donc la pub et par extension la toute puissance tyrannique de Google. Pointons rapidement l’évidence : les revenus publicitaires sont tributaires du trafic généré : plus on mobilise, plus on diffuse, plus on touche. Mais contrairement à ce que certains pourraient penser, il faut énormément de pub, peu importe sa forme, pour en tirer un profit significatif qui viendra prendre sa place dans la comptabilité du site, assurant ses dépenses en tout genre, de la bande-passante à la masse salariale ou l’hébergement. Un bandeau de pub sur le net, même sur un gros site, ça n’est pas une page de pub de 35 secondes sur TF1 à 20h50 et sortez-vous de la tête qu’un clic sur une annonce c’est 1 euro dans la poche du diffuseur, on est plus proche du centime, voire du centime par paliers de centaines / milliers de pages.

On ajoutera en passant cette petite phrase devenue célèbre et qui, bien qu’un tantinet surannée, reste assez vraie, elle s’applique normalement à des plate-formes telles que Facebook mais elle est tout à fait valable pour définir l’ensemble de l’écosystème du net gratuit :  « si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit« . Le modèle gratuit, c’est celui d’un ménage à trois: le public, le contenu et l’annonceur. Si un site produit des articles, vidéos ou autre, on pourrait néanmoins penser que son produit commercial n’est PAS son contenu puisqu’il ne le vend pas. Le seul acte de vente au sens propre, c’est celui d’un espace publicitaire qui va autour du contenu et surtout des yeux pour lire la pub, l’audience. Ce que vend un site, c’est un espace d’affichage tarifé selon son public. Pour maximiser la vente de l’espace publicitaire ou les probabilités de clic, il faut s’appuyer sur une audience conséquente, alors il faut savoir cultiver ses lecteurs… cultiver au sens agricole.

X + Y² x PAP / Salaire = déficit : comment j’ai perdu de l’argent

l_piece-centime-euroMettons les mains dans le cambouis. Produire un contenu, ça n’est pas différent de produire un bien classique, il vous faut du temps, donc du salaire, à quoi on ajoute tout ce qui peut se greffer dessus, comme la consommation de bande passante, l’hébergement, la consommation électrique etc. Rigolez pas, c’est comme ça qu’on compte si on veut vraiment savoir ce que coûte la création d’une vidéo ou d’un article, comme on le fait quand on veut connaître le prix de revient d’une paire de chaussettes. Et en prime, pendant que vous vous consacrez à cette production, vous ne faites rien d’autre, or, plus qu’ailleurs, sur le net le temps presse. Une fois ce coût obtenu, on regarde combien on a fait de pages vues, de là on sait combien elle a rapporté… Si vous avez passé 3 jours à bosser sur votre contribution, il lui faudra atteindre un seuil X de pages vues pour être à l’équilibre, X+1 pour être rentable. En dessous, vous avez perdu de l’argent. Je ne suis absolument pas en train de vous expliquer que ça fait des années que j’ai une calculatrice sur la tempe pour travailler, simplement la façon dont, grossièrement, on gagne de l’argent sur n’importe quel site dans le modèle du tout gratuit. CQFD : plus un contenu est complexe, riche, détaillé, fruit d’un long travail, plus il coûte cher, plus il doit faire de trafic. A contrario, on peut faire un carton avec quelques lignes sur un sujet qui fonctionne à coup sûr, dont la réalisation prend quelques minutes à 3 heures et ce même s’il fait moins de vues. Coût minime / gain conséquent. Et nul besoin d’être carrément putassier ou de donner dans le clic bait. Il y a des thèmes d’un intérêt qui reste à prouver qui, malgré tout, passionnent et attirent les lecteurs. Alors autant dire que si vous versez dans le racoleur, c’est le jackpot.

Commence alors l’infernale course à l’audience qui vous oblige à faire toujours plus que les autres et qui affecte désormais tous les sites, même ceux qui sont en apparence les plus respectables mais pris en flagrant délit de tweet douteux. Et là je fais référence à de grands organes de presse. Je ne vais pas jouer au pointage de doigt mais de Libé au Monde, personne n’échappe plus à l’article, ou au moins à l’accroche, tendancieux sur le net.

Click me bitch !! Comment farmer des lecteurs

fart_buttonPrenez l’air surpris, mais en général, ce qui attire le plus de clics, c’est assez rarement le contenu de haute qualité, celui qui demande des jours de travail. Vous seriez même dramatiquement surpris d’apprendre que quantité de projets n’atteignent jamais la rentabilité et coûtent de l’argent bien plus qu’ils n’en font gagner, vivant très clairement au crochet des autres contenus dont une partie des revenus sert à couvrir les dépenses pertes. Gardez en mémoire que je ne parle pas spécifiquement de jeuxvideo.com, la chose s’applique à tout site qui cherche à faire du bénéfice. Yukishiro de Gamekult l’a d’ailleurs clairement affirmé il y a peu sur Twitter, rappelant qu’il ne fallait pas compter sur la pub pour financer les projets vidéos de GK (j’ai malheureusement bien du mal à retrouver le tweet en question).  Il suffit de regarder les vues, souvent affichées sur les vidéos, ou le nombre de commentaires qui, sans équivaloir au nombre de vues exact, donne une idée de la popularité d’un article. C’est à pleurer. Vraiment. C’est comme ça, la majorité des internautes semble consommer du contenu à la con, soit par intérêt – ce qui me fait franchement déprimer – soit dans quelques cas pour aller poster un commentaire signifiant plus ou moins poliment son manque d’intérêt. Qu’importe, ayez toujours en tête si vous cliquez sur un contenu uniquement pour vous en plaindre qu’il n’existe pas de colonne statistique pour les gens pas contents, il n’y en a qu’une, « pages vues ». Certes, on verra que ça grogne, on se posera la question de savoir si tout cela est bien pertinent, seulement au final, même en venant débattre de l’intérêt d’un article ou hurler votre effroi, vous justifiez sa publication puisque vous faites croître ses stats. Je vous accorde que c’est une vision court-termiste qui mène à l’ecoeurement mais elle est tout à fait acceptable pour certains.

urlPuisque je viens du jeu vidéo, je peux vous donner un exemple parfait de l’article facile, pas trop méchant mais pas trop intéressant non plus (si le domaine ne vous parle pas, vous pouvez passer au paragraphe suivant sans craintes) :  « en 1080p sur PS4 et 900p sur Xbox One ». Tous les sites sans exception relaient ces infos, tous, même un Gamekult qui fait par ailleurs acte de résistance sur bien des fronts, et je peux vous assurer qu’il n’y a pas un seul auteur de ces brèves qui pourrait vous dire « attends, c’est super intéressant », ou alors il faut qu’il change de taff. Et pour cause, ça n’a aucun intérêt et la plupart des joueurs ne voient même pas la différence en plein jeu sur un écran animé  dans tous les sens. Mais le constat est sans appel, ça cartonne. Ce n’est pas tellement putassier, c’est factuel, ça ne mange pas de pain, ça fait tourner la boutique et à l’évidence ça répond à une demande… Et vous pouvez remplacer le sujet par ce que vous voulez. Besoin de gonfler vos chiffres dans la rubrique Politique ? Hop, « Marine et Jean-Marie Le Pen, la guerre des Fronts ». Et ce sont des exemples gentils hein, nous sommes bien d’accord. On ajoute ensuite tous les sujets possibles et imaginables et bien sûr la possibilité pour qui le souhaite de carrément sombrer dans la news « pute à clique », celle dont le titre fait une promesse qui ne sera évidemment pas tenue ou qui affiche carrément la couleur d’entrée de jeu. On a en gros le facile qui ne fait de mal à personne mais ne sert à rien, et le franchement dégueulasse qui cherche à tromper le lecteur. On calera cette dernière catégorie dans le même groupe que les sites dont le commerce se base uniquement sur le contenu bas du front et le farming de clics.

Hé oh, c'est presque quasiement du jeu vidéo. Le lien

Hé oh, c’est presque quasiment du jeu vidéo. Tout comme la suggestion « à lire aussi » d’ailleurs.

Le clic, le produit fini du web gratuit

Ce système change peu à peu le statut des travailleurs du web. A terme, il ne s’agit plus d’informer, « éduquer », distraire l’internaute, il ne s’agit plus de produire du contenu mais de produire du clic, le véritable produit fini du net gratuit. L’internaute devient une vache qu’il faut attirer dans son champ en lui promettant que l’herbe y est plus grasse. Oui, je force le trait en appuyant à deux mains et je balance de grosse généralités, je le reconnais.

wall_e_1Le tout gratuit, le surf qui picore à droite et à gauche ainsi que la paresse d’un certain lectorat, cet agglomérat provoqué autant par les fournisseurs de contenus que par les consommateurs a contribué à transformer la toile non pas en un vaste terrain de culture mais en culture du vide, du buzz, du Top 10, de débats stériles sur des sujets idiots et de youtubers navrants de bêtise, braillant leur consternante connerie (‘tention, j’ai pas dit tous les youtubers, y en a d’excellents). La toile des hippies est devenue celle des hipsters, c’est gratuit mais payé par des multinationales et c’est creux. Le web est noyé sous un déluge de faux sujets, tolérés par une paresse des internautes qui relaient à qui mieux mieux tout et n’importe quoi sans chercher plus loin, tout en remettant en cause ce qui provient des sites de presse ou des pisse-vinaigres qui leur demandent de réfléchir. J’ai encore pu voir récemment un article qui même après avoir été retiré (et un autre avec un lien invalide à l’instant) était encore partagé sur Twitter par des utilisateurs qui ne l’ont évidemment jamais lu, ce qui prouve au passage la pertinence du critère de partage sur les réseaux sociaux en matière de référencement et de popularité.

I dont want to surf on this web anymore

dd24a256d32fa94ab22f557c48fb11c2En tant que « créateur de contenu », c’est désarmant. Cassez-vous le derche pour produire un texte ou une vidéo de qualité, consultez les résultats, comparez-les avec un équivalent produit en 3 fois moins de temps et rentrez chez vous. Le pire, c’est que même le nombre de pages vues, la seule unité de mesure de la qualité sur le net, ne veut rien dire puisque cela ne signifie même pas que le contenu a été lu ou vu, juste qu’il a été ouvert parce que son titre a fait venir du monde. Un lectorat, dont une partie de plus en plus importante provient de Google ou d’un lien externe, a cliqué pour finalement fermer la page aussitôt, comportement qui porte le joli nom de « rebond ». Il suffit de lire les commentaires pour constater qu’une part conséquente des lecteurs ayant ouvert la page ne savent même pas de quoi elle parle. Un comportement qu’on observe même sur des publications tout ce qu’il  a de plus sérieuses, sur des articles politiques, de société, scientifiques…

Pourquoi ? Pourquoi cliquer sur des pages pour ne pas les lire ? Pourquoi ce système absurde de mesure qui ne veut rien dire ? Parce que l’accès libre à tous les contenus a engendré une consommation « cliquée » et non engagée, on se fout du contenu qui est devenu jetable, zappable, on clique pour venir discuter du titre (du TITRE) de la page et progressivement, afin de suivre les habitudes des utilisateurs, le net tout entier s’est mué en média de zapping, on hésite à produire des formats qui nécessitent un engagement dans la consultation, au contraire, on barde les pages de renvois vers d’autres articles que le lecteur pourra commenter sans les avoir vraiment lus et plus personne n’arrive à rester concentré sur un texte de plus de 300 signes. On pourrait focaliser les reproches sur les sites, et dans certains cas on peut difficilement faire autrement tant la chasse au clic est patente et honteuse, mais je refuse pour autant de dédouaner les internautes, car au final, une vaste majorité des choses pas futées émanent d’une demande. Les sites diffusent ce que les internautes consultent.

Ce qui est vraiment désarmant de mon point de vue, c’est qu’on ne sait même plus à qui en vouloir. Est-ce qu’on peut vraiment reprocher à une entreprise de faire ce qui rapporte de l’argent ? C’est facile quand elle est dirigée par un grand méchant capitaliste, moins quand ceux qui sont à sa tête ne font que constater un état de fait et départagent rationnellement ce qui marche de ce qui ne marche pas. Est-ce qu’on peut reprocher aux internautes d’avoir envie de consommer le net comme un simple ensemble de contenus grignotables ? Après tout ils font ce qu’ils veulent. Moralité, vous cliquez comme des cons sur des contenus idiots que vous ne lisez même pas et que le web sert à outrance pour espérer gagner de l’argent. Mais non pas vous, « vous », vous je vous aime. Surtout si vous êtes encore là.

Donc, c’est aux internautes de responsabiliser leur surf, car les contenus intelligents existent, il y en a plein. Il faut savoir consommer « militant » et ne plus cliquer sur tout et n’importe quoi. Mais c’est aussi aux sites de trouver un moyen de les valoriser et de ne pas simplement baisser les bras pour tout miser sur le clic facile. Et ça, c’est loin d’être évident, surtout en ces temps troublés où la concurrence de Youtube se fait rude, attirant lecteurs et annonceurs… Car si la courbe d’audience de nombre de sites spé se casse la gueule, c’est en bonne partie face à la concurrence de Youtube… ah au fait, tant que j’y suis, le prochain qui essaie de m’expliquer qu’il fait plus confiance aux youtubers parce qu’ils ne sont pas à la solde des marques et qu’ils disent trop grave ce qu’ils pensent vraiment dedans leurs tête avec des mots de la life, je l’éventre. Réveillez-vous…

La parenthèse SEO, l’effrayant (et scandaleux) pouvoir de Google, les réseaux sociaux et ta vie privée

seo-google-complianceLa course  l’audience, contrainte pour certains, commerce pour d’autres, est la conséquence directe du modèle gratuit et elle va de paire avec la course au référencement. Je ne ferai pas une tartine sur le SEO, en grande partie parce que c’est affreusement technique mais aussi parce qu’il ne disparaîtrait pas dans un modèle payant. Et après tout il est normal de vouloir être bien référencé, comme il est normal de vouloir être bien placé dans les rayons d’une librairie. Les problèmes arrivent lorsque les choses vont trop loin et que le SEO dicte sa loi à tous les étages. Le SEO, pour ceux qui l’ignorent c’est en quelque sorte l’art de plaire à Google et donc de se faire bien voir, au sens propre. Bon techniquement c’est l’art de booster les résultats de tous les moteurs mais être bien placé sur Bing ou Yahoo tout le monde s’en fout.

L’optimisation SEO est une chose sournoise qui se glisse un peu partout. On parle souvent du type de contenu, de son titre, du sujet ou de la façon d’en parler, les mots choisis ayant une importance non négligeable (par exemple, nénés ça marche beaucoup moins bien que nibards, qu’il convient de placer 3 fois par paragraphe, dont une en gras > nibards, nibards, nibards) et même le nombre de mots devrait normalement être pesé et mesuré. Google est la première raison du formatage des articles sur le net. Allez savoir pourquoi je me sens là encore un peu obligé de dire que, non, je n’ai pas passé ces 13 dernières années avec un conseiller SEO perché sur mon épaule, je pense même que je dois être l’anti-SEO par excellence tellement je fais les choses n’importe comment, même ma page Google + n’a jamais fonctionné pour booster mon « author rank ». Bref. Il faut savoir que le SEO va plus loin que ça, il touche aussi à des points absurdes de standardisation. Par exemple, lorsque l’on met des titres dans un article, il existe une hiérarchie héritée de l’HTML, on trouve le titre de la page, puis le titre du contenu, puis ceux que vous attribuez à vos paragraphes. On les appelle H1, H2, H3 etc. Une fois arrivé à votre texte, vous avez envie d’avoir des sections avec un gros titre, puis deux titres moyens pour des sous-parties, et ensuite de revenir à un gros titre et ainsi de suite. Ben non connard ! Google n’aime pas ça. Donc, vous devez faire un gros titre, un moyen, un petit etc. C’est débile oui. Autre chose ?

link-spider-lostLa structure même du site doit être pensée pour favoriser la navigation non pas de l’internaute, benêts que vous êtes, mais des crawlers de Google. Il faut faciliter le cheminement des robots de référencement. Seulement le petit hic, c’est que les robots ne naviguent pas comme les humains. Ils aiment parcourir les sites « à la verticale ». Qu’est-ce à dire ? Les robots préfèrent les arborescences, je pars de là, je descends vers une sous-rubrique, puis une sous-sous-rubrique etc. Ils ont besoin de liens soigneusement disposés et répondant à des critères précis car certains types de liens leurs sont invisibles et si le bot ne trouve pas son chemin vers la page suivante… il se casse et ne l’indexe pas. Pour un humain, il est plus confortable de pouvoir partir d’un point central et d’avoir à droite et à gauche un accès à un autre type de contenu lié à cette page ou à sa thématique. Accessoirement, l’humain n’est pas idiot et sait se déplacer intuitivement sur un site si on lui suggère clairement l’emplacement de ce qu’il recherche. Par exemple, dans un autre registre qui a le mérite d’éclairer le propos, si vous faites un lien dans un texte, le contexte de la phrase rend évident le contenu vers lequel vous renvoyez, sauf pour Google qui, lui, doit faire coïncider le lien et les mots qui lui servent d’ancre. D’où la recrudescence de phrases écrites dans un style très B.A BA sur le net. Je n’irai pas plus loin pour éviter de prendre le risque de dire des âneries, mais retenez qu’on en est à un stade où l’on pense autant à la façon dont un site sera lu par un robot que par un humain, sacrifiant parfois l’ergonomie et l’intuitivité au profit d’un meilleur référencement.

Un modèle idéal pour le SEO. Le robot suit les fils de  la navigation. Mais si l'internaute souhaite aller du contenu tout à gauche à celui tout à droite, il doit revenir à la home et ne peut pas disposer de raccourcis.

Un modèle idéal pour le SEO. Le robot suit les fils de la navigation. Mais si l’internaute souhaite aller du contenu tout à gauche à celui tout à droite, il doit revenir à la home et ne peut pas disposer de raccourcis.

Quoi qu’il en soit, le scandale ici, c’est que Google impose sa loi à tous les niveaux et personne ne peut rien y faire. Une loi qui plus est obscure puisque les règles ne sont pas explicites, beaucoup de recommandations d’optimisations SEO sont le fruit d’études constatant ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas. Mais pour ne pas finir dernier de la course à l’audience, il faut se plier, au moins en partie, à ces règles en s’efforçant de choisir lesquelles on peut accepter et lesquelles on rejette. Un dernier exemple de la fourberie de Google est à chercher dans sa tentative misérable d’imposition de Google +. Pour contrer l’échec cuisant de son réseau social, Google a trouvé le moyen de contraindre les professionnels à utiliser son service, un profil authentifié sur G+ permettant d’améliorer sa présence dans les résultats de recherche. Alors même que PERSONNE n’utilise G+. Une manœuvre qui concernait également la presse, un texte signé par un journaliste ou un rédacteur disposant d’une page G+ populaire (histoire de l’inciter à l’exploiter), profitait d’une meilleure exposition parce qu’on le jugeait plus crédible. « Profitait », parce que la firme a finalement abandonné cette vile pratique. Un parfait exemple de la façon dont la compagnie abuse de sa position.

Do not track ? Ouais, ouais t’inquiète

donotSi on veut aller encore un peu plus loin, avoir fait du net un vaste encart publicitaire et un océan de pêche au clic, c’est avoir monétisé l’internaute, transformé son historique de navigation et ses données personnelles en ressources qui se monnaient et provoqué le développement des méthodes de tracking suffisamment puissantes pour qu’il soit possible de dresser un portrait détaillé d’un individu en suivant son parcours sur la toile. Les internautes commencent tout juste à prendre conscience de leur statut de vaches productrices de données et chacun y va de son petit do not track un peu outré. Mais il serait sans doute plus pertinent de s’attaquer à la racine du problème, quand le net ne sera plus dépendant des revenus des annonceurs avides des informations personnelles des utilisateurs, quand on arrêtera accessoirement de les fournir gracieusement aux outils de collectes tels que Facebook, le commerce de ces dernières n’aura plus lieu d’être. Au lieu de vouloir du contenu gratuit  mais sans pub, sans ciblage, sans cookies, sans geotracking, il faudrait peut-être commencer à être un peu réaliste. Soit c’est gratuit et vous payez de votre personne, soit vous payez tout court. Alors, tu commences à te demander ou est ta CB ?

L’apothéose du brand content, la présence positive

La gratuité, c’est donc cette double dépendance. Du point de vue éditorial, la dépendance financière vis à vis d’un annonceur, ça se gère. En tout cas ça se gérait. Oui, il arrive que des budgets sautent pour un mot qui ne plaît pas mais on s’en débrouille et les annonceurs usant de cette pratique ne sont pas si nombreux. Mais le modèle du financement publicitaire a atteint son apothéose ces derniers temps, le jour où les annonceurs ont pris conscience qu’ils pouvaient imposer leur volonté et de nouveaux formats.

adsLes pubs traditionnelles ne fonctionnent plus, elles sont bloquées par adblock ou ignorées par des cerveaux rompus à l’exercice. Les annonceurs n’en veulent plus, d’autant qu’ils ont découvert le brand content et le native ad, des formats insidieux qui brouillent la frontière entre information, divertissement et publicité, des formats redoutablement efficaces. Le brand content n’a rien de récent, ni de nécessairement machiavélique sur le fond, il existe depuis des années, mais on le connaissait surtout à la télé et sous des formes clairement affichées. Comme les programmes courts entre la météo et le film du soir dans lequel Madame Brigitte vous explique comment planter un clou avec un marteau achetée dans l’enseigne de bricolage qui paie la production de l’émission. Le brand content, c’est une marque qui fait de l’éditorial vantant ses propres mérites. Une approche plus subtile qui lui permet d’être positivement présente à l’esprit des consommateurs et non d’être associée à une publicité agressive et parasite que le cerveau a appris à complètement ignorer, voire à rejeter. Et si vous pouvez mettre des têtes connues dedans, des prescripteurs d’opinion, c’est encore mieux, parce que ça brouille un peu plus les pistes (coucou les Youtubers). En pratique, la marque approche un diffuseur, lui offre un budget pour un contenu et ses conditions, durée, ton, mise en avant, possibilité ou non de dire autre chose que « c’est formidable ». L’idée n’est pas tant de faire parler en bien que de faire parler tout court. Quant au native ad, c’est tout bêtement l’évolution du publi-rédactionnel, mais nativement intégré au design du site, donc plus difficilement identifiable.

Lorsque les annonceurs ne laissent plus le choix à des éditeurs de sites tombés dans le piège de la dépendance en lançant « je ne veux plus de tes bandeaux, je veux du native et du brand content »… ben ils sont dans la mouise les éditeurs parce qu’ils sont pris à la gorge et ils n’ont plus rien à répondre, surtout durant une période d’assèchement de l’audience. Il faut en faire, reste à savoir comment on se débrouille pour ne pas complètement se foutre en l’air dans l’opération. Et c’est particulièrement délicat dans certains domaines où la frontière entre information et divertissement est déjà ténue. Donc on se retrouve avec la pression de la course à l’audience, l’évolution des désirs des annonceurs, l’obligation de faire le buzz et de devenir un pur relais de la com d’une marque… il est donc grand temps d’aller chercher son argent dans…

Le modèle payant

L’un des problèmes du modèle payant, peu importe sa forme, c’est qu’on le prend souvent pour une façon de venir extorquer de l’argent aux lecteurs. Bouh, méchant site qui veut me piquer mon argent en échange de… son travail. Même l’un des noms donné à la pratique est affreusement péjorative : paywall. Après mes explications un peu brouillonnes vous devriez avoir saisi que non, si on vous demande de payer, ce n’est pas par avidité. c’est pour se sortir de la dépendance et financer des productions de qualité destinées à un public précis. Je vous le dis tout de suite, la solution miracle, je suis loin de l’avoir, je sais simplement que faire payer tout ou partie de son contenu, à tout ou partie de son public ce n’est pas démoniaque et ça sauvera sans doute l’intelligence. Malheureusement, c’est pas gagné pour obtenir l’aval du lectorat et trouver des modèles qui lui conviennent.

audienceIl faut distinguer deux types de public sur le web. L’audience de chaque site se décompose grosso modo en deux catégories : son lectorat et ce qu’on pourrait appeler le public de passage. Encore une fois, si on schématise, vous avez un coeur de cible, vos habitués, à côté, vous avez ceux qui viennent de temps à autres, des lecteurs occasionnels mais relativement attachés et ceux qui sont arrivés là un peu par hasard, depuis un lien externe, Google, réseaux sociaux, forums etc. C’est dans ce groupe que se trouve l’audience que l’on capte par des contenus « à clics » et qui a pour vocation de faire croître les chiffres que l’on avance à ses annonceurs. Le coeur de cible, le lectorat, représente une part relativement faible du nombre de visiteurs affichés par les statistiques bruts de fréquentation, mais chacun de ces lecteurs consomme plus de pages que les visiteurs de passage et donc plus de pubs chaque jour. Ces hyper-consommateurs engloutissent à eux seuls la plupart des contenus et des pubs. Un public qui est aussi bien souvent celui qui apprécie le moins les contenus à clic (là j’avoue que c’est une appréciation très personnelle pleine d’espoir). Et c’est CE public qu’il va falloir apprendre à choyer quitte à larguer le reste. C’est en tout cas auprès de lui qu’il faut faire la manche. Exactement comme un magazine s’appuie sur sa base d’abonnés ou d’acheteurs réguliers plus que sur ceux qui cèdent à la vue d’un marronnier de l’été sur les franc-maçons. Certes, on peut capter et retenir le public de passage, à condition de l’avoir attiré pour les bonnes raisons.

L’offre payante a de multiples avantages. Le premier, c’est de libérer le site de sa dépendance, les autres, c’est de créer un attachement à la publication. On a payé pour du contenu, alors on va en profiter. Et la réciproque est tout aussi vraie, quand on vous a payé, vous êtes redevable envers vos lecteurs qui se matérialisent, ne sont plus de simples chiffres et une masse interchangeable fondue dans le trafic global, trop souvent représentés par une minorité vociférante dans les commentaires. Vos vrais lecteurs, certes moins nombreux, non seulement prennent corps mais il devient possible d’identifier leurs attentes et de financer au moins en partie une offre qui puisse y répondre sans avoir à se poser de questions. Mais vivre des revenus provenant d’abonnés reste encore illusoire, même si peu à peu tout le monde commence à s’y mettre. Je voudrais entretenir l’espoir qu’avec le temps, par petites touches et à force de voir le net s’enfoncer, filer 2 euros par mois à un site qu’on fréquente quotidiennement finira par entrer dans les moeurs, mais je dois admettre douter voir les habitudes changer.

Des formules payantes, il en existe une multitude, le metered paywall, qui vous laisse libre d’accéder à un nombre X d’articles sur une période de temps, celui qui réserve des contenus premium aux lecteurs payants, le système très optimiste de « pourboire » qui invite à payer en fin d’article etc. Les solutions sont à inventer et très franchement, moi, des solutions je n’en ai pas, je suis juste un vieux con qui râle et s’offre une psychanalyse en ligne. Mais en ce qui me concerne, moi vieux con, mes vieilles illusions de jeune internaute du temps du « village global » ont fait leurs temps. Le village global est devenu un bidonville et si nous n’avions pas tous fait les autruches il y a quelques années, les choses seraient bien différentes aujourd’hui.

Sur la toile, la gratuité n’est pas une liberté, c’est une dictature.

Coming next…

Sinon la prochaine fois je m’épancherai de façon peut être moins épidermique sur un sujet que je maîtrise sans doute mieux : pourquoi l’E3 ne sert plus à grand chose (et surtout pourquoi ALLER à l’E3 ne sert plus à rien). C’est de saison, et ça me permettra de fêter la première année en 12 ans où je ne suis pas à L.A. pendant le grand carnaval des éditeurs.

En attendant, je fais de nouveau part de ma sympathie aux équipes de jeuxvideo.fr que le groupe M6 a finalement choisit de mettre à mort…

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119 réflexions sur “La dictature de la gratuité du net

    • Un article très intéressant.

      Juste pour relater une anecdote qui fera écho aux crawlers de Google.
      A l’époque du dernier long down de demonoid, en tapant « demonoid » avec Google on trouvait en bonne place dans les résultats le site du FN français, véridique.

      Sinon pour ce qui est de sauver l’intelligence, là tu rêves.

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    • Merci pour ce superbe article. Travaillant dans le commerce classique ces méthodes ne m’étonne finalement pas. Fidèle lecteur de jeuxvideo.com et de l’Internet depuis ces débuts je vois moi aussi le pourrissement de la toile. La gratuité est illusoire.

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    • Ah ah ah ! Dixit l’homme qui avait tout compris du truc depuis tellement trop longtemps… Mais ce pauvre Dinowan qui enfonce des portes ouvertes quoi…

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  1. Fait des test de jeux vidéo avec autant de discernement et d’application que sur ton article ! intéressant soit dit en passant ^^

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  2. Des réflexions ma foi bien pertinentes. Je suis certain que le passage au payant peut engendrer de la vraie qualité ( il y a quelques bon exemples déjà existant), et si tu te lance dans un projet quelconque en adéquation avec cet article, je serais le premier payer a te lire 🙂

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  3. Mais quelle hypocrisie, sérieusement…De la part d’un mec dont le taff est de dire que Destiny est le meilleur jeu de l’année, que les DLC c’est formidable et qu’il faut à tout prix acheter le prochain FIFA ET le prochain Assassin’s Creed… C’est l’hôpital qui se fout de la charité ! Vous-même Dinowan, vous éditez du contenu sur le web en caressant vos annonceurs dans le sens du poil pour obtenir l’habillage de votre homepage aux couleurs du prochain FPS minable pondue par ces derniers… Donc franchement, le discours moralisateur sur le fait que le web cherche à générer du clic, vous repasserez car sauf erreur de ma part, vous êtes payés pour faire votre job >> Another brick in the wall. 🙂

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    • Je ne suis pas au courant des raisons de son départ, mais peut-être est-il en rapport avec ce que vous affirmez, peut-être que de devoir être hypocrite ne lui plait pas, et le fait d’être sincère ici lui plait beaucoup plus, et je le comprends complètement, je comprends également les pressions qu’imposent les éditeurs à la presse.

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    • Salut anonyme du 10 juin. Dinowan ne testait plus de jeux à gros budget et ce, depuis longtemps, à par de rares occasions comme Wolfenstein The new order ou encore Thief 4 …
      Certes il faisait parti du staff jv.com mais je ne pense pas qu’il partageait la vision de tout le monde sur l’évolution de la rédac. Les battlefield HL et autres Callof n’auraient surement pas eu la même approbation sous la plume de Dinowan. C’était un risque que de lui laisser tester de tels titres.
      Et justement sa présence sur l’un des sites les plus putassier du clic, me laisse suggérer qu’il maitrise le sujet.

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    • justement, ce n’est plus son job, il c’est fait virer….

      de plus, ce n’est pas parce qu’on fait quelque chose dans le cadre de son job qu’on l’approuve forcément; il faut bien manger…

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  4. Salut, excellent article avec une bonne analyse et beaucoup de passion. Mais il sent fort le dégoût et la rancune… Est-ce que ton départ de jv.com y est liée ? Je n’ai pas trouvé d’infos sur le sujet.

    En tout cas, pour apporter ma contribution, je dirais que le web et en particulier les sites liés au jeux vidéos ont atteints ou sont près d’atteindre un point de rupture. Il y a déjà des victimes, jeuxvideo.fr par exemple. Les choses vont changer dans la décennie à venir c’est certain, les sites sont déjà au pied du mur de toute façon…

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  5. Hello,

    Article intéressant sur le fond.

    On sent pas mal de passion. Mais comme dit quelqu’un dans les commentaires, « Bravo, tu viens de découvrir l’économie de marché ».

    Après ce constat qui est probablement nécessaire, et l’analyse qui a probablement des effets cathartiques après tant d’années passées dans le monde de la presse en ligne, doit venir le temps de la réalisation et du dépassement de ces lignes qui sont complètement déprimantes ! :0)

    Car je dois avouer être assez attristé de lire quelqu’un qui avec tant de passion écrit ces nombreuses lignes pour finir par dire grosso-modo « mais des solutions, je n’en ai pas ».

    Je pense, sans du tout faire partie de ce type de secteur (et donc être « légitime » pour en parler), qu’il faut aller de l’avant une fois ces choses là dites, et avoir un peu d’espoir dans d’autres modèles. Des solutions évidemment qu’il y en a. Tout comme il y a des personnes prêtes à mettre de poignon pour du contenu intéressant, prêtes non pas à soutenir un créateur juste parce qu’il représente des valeurs (je veux dire par là quelqu’un qui défend un modèle supposé être moins putassier et tout le tralala), mais parce que ce créatif là prend le risque de proposer ce qu’il a envie de proposer, en bref d’avoir une certaine indépendance dans le contenu qu’il créé.

    C’est franchement faire preuve de défaitisme que de dire que des personnes prêtent à payer pour quelque chose n’existent pas sur le web.

    Après, comme dit, c’est un risque que de créer, mais je pense qu’il faut prendre ce risque, et je suis sûr aussi qu’il y a plein de personnes qui voudraient prendre ces risques ensemble pour simplement pouvoir vivre leurs propres aventures, et ne plus être à la solde d’entreprise qui phagocytent QUOIQU’IL ARRIVE petit à petit (grand à grand plutôt) l’ensemble des sites dits « gratuits », qui deviennent ou deviendront des pompes à clics géantes.

    Il faut essayer, dans tous les milieux, de proposer des alternatives à cette standardisation, et polariser un web googolocentriste. Pourquoi ? Tout simplement parce que les gens demandent. Ce n’est pas un complot d’aigris/débiles qui crachent dans les commentaires des sites gratuits -« C’est honteux » « COmment vous pouvez écrire ce genre de merde ? » « Haha, bien joué la pub ? » etc.-, en tout cas, pas seulement. Il y a aussi des gens extrêmement déçus, en rogne de quasiment devoir être justement les produits pour accéder à une information alors qu’avant on pouvait gambader nus dans les champs sans que de petites tentacules viennent nous prendre sucer la substance vitale de notre intelligence pour pouvoir accéder à un parterre d’informations/contenu maintenant pourri d’encarts publicitaires et fabriqué en faux gazon sponsorisé.

    Quid de mieux que d’appliquer ses idées dans des projets concrets ?

    On parle très souvent de Médiapart, mais il y a aussi d’autres sites.

    Je pense notamment à Arrêt sur Images qui fût jadis une émission sur la 5, et qui a finie par être propulsée à gros coup de pieds dans le cul dans les cartons « Archives » de France Tv, avec tous les rédacteurs, chroniqueurs de l’émission. Au final, il y a maintenant un site web, qui propose du contenu avec ses concepts. Et, incroyable, les gens payent pour cela, parce que le concept est assez intéressant pour que des péquennots tels que moi donnent leur misérables deniers.

    Sûr qu’ils ne roulent pas sur l’or, mais en attendant ça fonctionne, c’était un pari et il a fonctionné.

    Exemple tout récent, celui de Là bas si j’y suis, qui est devenu un site avec abonnement. Cela marche fort bien apriori.

    Après, le fait est que ces sites sont des sites d’informations et de reportages, politiques et/ou sociétal.

    Mais pour revenir à Arrêt sur image, il y a un partenariat avec Canard PC, et on nous gratifie tous les mois d’une émission sur le jeux vidéo en lien avec le sujet mensuel de CPC.

    Non seulement c’est très intéressant, mais le public de ASI qui est supposé être une bande de vieux croutons ou de 40aires nostalgiques s’y intéressent aussi. OMG, le soit disant ciblage des pages est ici complètement dépassé et caduque : place à des choses qui font fi de cela et propose des contenu auxquels toutes les personnes peuvent s’intéresser. Même qu’on les y engage.

    Bref, je crois que parler et débattre sur les ceci cela, pompe à fric, publicité etc, c’est bien.

    Mais ce qui est encore mieux c’est de proposer des choses différentes. Vous nous parlez d’un internautes militant, il serait aussi bon aussi de penser à des créatifs militants. Proposez des trucs, montez des projets, vous verrez quoiqu’il arrive, si les concepts sont bons, et on a public à avoir, le public suivra et payera. Sûr que vous ne roulerez pas sûr l’or, mais au moins on aura peut être d’autres choses à faire que de parler de manière dépressive d’un web qui est d’ors et déjà foutu sur la question qui a été soulevée dans votre article.

    Comme les militants politiques avec leur écharpe à carreaux blancs et noirs qui crient à tout va « A bas le capitalisme, le capitalisme c’est mal ! ». Ha ha.

    Bref, en espérant voir d’autres personnes comme vous nous pondre quelque choses qui vous excitent et nous excitent, qui ne mettent non pas des œillères sur « comment ça se passe » « qu’est ce qu’on nous cache », mais nous permet à tous de peut être se trouver une petite place au soleil loin du bruit et de l’odeur de la pollution qui fait tousser , en tout cas, mon cerveau devenu par trop asthmatique.

    Bonne continuation.

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  6. Je ne suis pas d’accord sur Youtube. Youtube est lui même en difficulté. En 2014 Youtube n’a pas fait de bénéfices. Je suis un gros youtubeur et je peux te dire qu’entre 2014 et 2015 mes revenus ont été divisé par 2 alors que le dollar a augmenté et que mon CPM n’a pas bougé. Mais alors ça vient d’où? Le même problème que partout sur le web, les bloqueurs de pubs et la transition des flux sur mobiles ou tablettes (+50% du traffic aujourd’hui). Le soucis des appareils mobiles c’est que les pubs ne se déclenchent pas ou mal. Du coup en 2014 mes pubs étaient vues à 33% sur youtube alors qu’en 2015 je suis à 15%. Du coup Youtube s’est rendu compte de l’énorme perte de revenus en 2015 et a décidé de sortir le 15 juin 2015 une formule payante pour supprimer les pubs via à abonnement à la twitch. Bref rajoute à cela le développement de la fibre optique et l’explosion du nombre de youtubeurs et de vidéos. Le budget pub est divisé entre beaucoup plus de youtubeurs.
    Et j’ai vu que pour les sites internet avec google adsense il y avait eu une grosse baisse à cause des cliques.
    Bref google est en train de se retrouver pris à son propre piège. Les robots et la fibre optique vont rendre youtube déficitaire par une explosion des couts en serveurs pour héberger les videos. Certains hébergent +1000 videos par jour.

    Tout le web est touché.

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  7. Bonjour,
    merci pour cet article dur mais réaliste et pertinent.

    Je ne peux qu’acquiescer, je partage chaque jour les mêmes constats, sur un média indépendant de vulgarisation scientifique que je gère depuis 15 ans.

    Moi aussi je surfe / construit du web depuis le début des années 90 et je suis également attristé de voir comment le web se transforme en une gigantesque poubelle virtuelle, un supermarché de l’info contrôlé par quelques grands groupes qui veulent avant tout attirer de nouveaux consommateurs.
    Les éditeurs ne gagnent plus rien et sont obligés, pour survivre, de vendre leur âme au diable, de mettre un peu de cul à droite à gauche, d’inventer des scoops sans intérêt, de faire du « buzz » sur des sujets futiles, et de laisser ce qui est fondamental de côté… D’ailleurs les taux de clic leurs donnent raison…

    A part une ou deux exceptions, aucun site d’information n’a trouvé de modèle économique viable : la pub ne rapporte plus rien du tout et les internautes ne veulent pas payer (même symboliquement) pour du contenu (même de qualité). Résultat : tous les sites indépendants meurent ou se font bouffer par des grands groupes financiers, détruisant la « webdiversité », et donc l’information, la remplaçant par une bouillie alléchante avec un arrière goût de pisse.
    Quelque part, tous les acteurs du web sont complices de cette uniformisation consternante qui contribue à débiliser l’Homme pour mieux le manipuler.
    Courage à tous ceux qui se battent pour du web authentique et éthique !

    Finalement la question est philosophique : n’a-t-on pas la société que l’on mérite ?

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  8. Un article passionnant, il éclaire de bien des manières le profane que je suis. En espérant avoir l’occasion de te lire dans un concept que te siéra mieux que le précédent. J’imagine que quelques idées vous trotte dans la tête, à toi et à quelques uns de tes comparses qui partagez les mêmes exigences. Ne reste plus qu’à construire ! Un bon brainstorming entre gens de bonne volonté s’impose…

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  9. « Bravo tu viens de découvrir l’économie de marché »
    Ah. Ok. Intéressant. J’aimerais bien savoir ce que pense l’expert de l’économie de marché sur la question de l’asservissement des gens ? Car l’asservissement du peuple est antérieur (et pré-existe) à l’économie de marché telle que nous la vivons. Du coup, le bravo est-il réellement un bravo ou plutôt une sorte d’encouragement par opposition ?
    Je pose la question car je sous-tends une posture naive et innocente en rapport à l’économie de marché.
    Ou alors, peut-être qu’avec un tel cynisme, l’auteur anonyme reviendra en s’exclamant: Bravo, je viens de découvrir Marx! (il n’est malheureusement pas digeste pour n’importe quel asservi de lire Marx et de comprendre quelque chose: c’est se faire violence, douter de ses convictions les plus profondes).

    ps: il faut juste avoir des convictions profondes, une réflexion personnelle sur le sujet, sans relayer ce que les autres disent.

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    • Conclusion @Dinowan: OUI! Je suis prêt à payer pour lire tes analyses, tout comme celles de Rodolphe Donain, de Poischich, de Hiro, de Chocakwartz, de Franck (pour le caractère outsider bienvenu), du GrandBlob, de Manu, de Virgile, Maxence et des autres. Je veux du caractère, je veux de la posture, une vision. Tout ceci a un prix, évident. Reveneeez!
      Je suis prêt à payer pour ne plus devoir éviter le publi-rédactionnel sur internet. Le prix du gratuit (son coût induit sur ma santé mentale) est tellement important que je suis prêt à mettre un paquet pour continuer à vivre dans un monde ouvert. Je suis prêt à payer quiconque me garantira cette qualité.
      L’important c’est le minimum vital. L’important c’est de pouvoir construire un modèle qui permette finalement
      Nous parlons finalement de l’insolence de l’appel aux clicks. Avec du recul, ça fait pitié de voir tant de gens se défaire de leur conviction juste pour continuer à exister en demi-teinte.

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  10. Un excellent article mais malheureusement il est adressé au public de masse qui se contente de youtube et news à clic. Il est marrant de voir les réactions suite au projet de Gamekult alors qu’ils sont peut etre les plus pertinent en terme de contenu. On veut de l’originalité mais on veut pas payer. Tristesse infinie.

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  11. Salut c’est le mec penché sur ton épaule, le seo, le générateur de trafic, l’horrible monstre de l’optimisation interne, du linksculpting et de la hiérarchisation sémantique de contenu.

    J’arrive après la guerre mais j’ose slalomer entre les cadavres car je suis celui qui est de l’autre coté de la barrière depuis 10 ans et qui dans sa démarche ne fait que constater pas à pas les dégâts occasionnés par la folie du règne g00gueule.

    Il parait que je suis bon, peut-être l’un des meilleurs dans l’optimisation mais comme certains sont esclaves du titre putassier par excellence, je suis esclave de la performance, payer pour faire gagner de l’argent, plus de 50 à 100 fois mon salaire mensuel… La plupart des sites dont je m’occupe ne m’intéress(ai)ent absolument pas, je vérifie le taux de rebond (bien expliqué dans ton article), conseille la com sur les réseaux sociaux, vérifie les erreurs seo onsite et attend patiemment que l’on m’envoie mon chèque afin de faire vivre ma petite famille… Aujourd’hui après plus de 10 ans passés à apprendre, à peaufiner mon savoir et le transmettre, je suis usé…

    Je suis né un joystick entre les mains, fanatique de la beat generation, de la poésie du 19 siècle et accessoirement consommateur de conneries en tout genre avec des idéaux, des rêves comme n’importe quel utopiste contemporain.

    Aujourd’hui, j’ai décidé de tourner une page sur ma pseudo carrière, diviser mon salaire par trois pour ne taffer uniquement que sur des sites et surtout pour des personnes qui en valent la peine.

    On me dit souvent que je parle trop, que mon cynisme fait peine à voir mais ce qu’il faut bien comprendre c’est que la majorité des lecteurs sont des moutons, des vrais, ceux là même qui se targuant de ne pas consommer de la tv réalité, n’hésitent pas à partager le dernier buzz d’un site à clics sur leur profil Facebook. Et c’est là le plus fatiguant, bien plus important que le tenancier millionnaire avide de visites, c’est de constater qu’il ressemble comme deux gouttes d’eau à la grande majorité des lecteurs du web… Qu’il a tout simplement raison… Que sa démarche est la bonne.

    Ce constat fait qu’un jour, si les dieux de la lobotomie n’ont pas définitivement anéantis les dernières neurones qu’ils nous restent, un sentiment de solitude totale apparait peu à peu pour laisser place à un : « mais putain ce monde part vraiment en couille », être dans la matrice n’est pas sexy du tout… Il faut être très solide ou complètement aliéné pour tenir le coup.

    Les lecteurs ne comprennent pas les enjeux, exemple concret: j’ai travaillé comme rédacteur pour un site high tech à succès pendant 2 ans, je produisais de contenu 7/7, pour ne pas indiquer aux concurrents que j’étais seo, je m’étais affublé d’un pseudo passe-partout, sans photo de profil, simplement avec une image, sans aucun indicateur de qui j’étais réellement… 7/7, jours fériés compris… Un jour, je fus fatigué de ça, j’ai donc décidé d’arrêter cette aliénation journalière… Personne, je dis bien personne ne demanda ce que j’étais devenu… tous les jours sur le blog, je parlais à des dizaines de personnes, blaguais avec eux, pour certains, connaissais leur travail, l’âge de leurs enfants… Rien avec un grand « R ». Que conclure à cela ?

    Tout ce story telling digressant pour terminer par : j’ai reprendris le joystick (manette), me suis retapé l’intégrale de Bukowski et essaye d’aider ceux qui le méritent et surtout surtout ! Je pense définitivement qu’il reste un groupe de survivants. 😉

    Bon courage à toi.

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  12. Je suis en science (immunologie-cancer) est en science nous sommes jugé comme pour vous sur le contenu et le nombre d’article scientifique que nous écrivons. Plus tu fais d’articles de qualité dans des gros magazine plus votre carrière est reconnue…
    Il faut savoir qu’en science un abonnement à Nature c’est dans les 400-1000euro par an, pour 1 magazine par semaine.
    Mais que fait vraiment Nature ?
    Ils sélectionnent parmi les milliers d’articles scientifique envoyer chaque jours les meilleurs articles (contenu, technique, ce qui apporte un vrai + à la science) et les publient. Seul bémol le scientifique lui avec des financements (dans le publique) paye le materiel, les tubes, les souris, les solutions… et se sort un salaire pour souvent du + de 80h semaine.
    Mais il doit aussi payer pour que Nature lise son article, si l’article est publié il doit payer, il doit payer un abonnement pour le lire également… Mais Nature elle ne reverse rien à gens qui ont fourni la bourse ou au scientifique qui a fait le boulot, ce qui fait que les magazines scientifiques ont le monopole sur votre vie car sans eux pas de publie = pas de carrière. Ah et eux ne ré-écrive rien au texte c’est à peine s’ils font la mise en page et encore! (Je vous invite à regarder combien se sortent les journaux scientifiques c’est une honte).

    Donc moi je suis d’accord tu payes pour du contenu avec abonnement et autres mais le soucis c’est que le model existe déjà en science et que ce model ne marche que pour les magazines par pour le créateur de contenue. Il faut donc se diriger selon moi dans un autre model, car le model vers lequel vous voulez aller est déjà pourri…

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    • Je suis aussi scientifique (mais en sciences de l’ingénieur) et Elsevier qui édite les principales revues où je me dois de publier fait à peu près la même chose que Nature. Il y a même eu un mouvement de grogne des labos qui se sont désabonnés en masse à certaines éditions.
      J’en profite pour signaler à mon éminent confrère chercheur que les publication web sont aussi reconnues pour le calcul de « l’impact factor » je prendrais comme exemple les travaux de Grigori Perelman qui a été déclaré lauréat d’un Millenium Prize du Clay Mathematics Institute pour sa démonstration de la conjecture de Poincaré qu’il n’a publiée dans aucune revue mais sur ArXiv. Pour la petite histoire le montant du prix est de 1M$ pour chacun des problèmes proposés, mais Perelman a décliné la récompense car « l’argent ne l’intéresse pas ». Voici donc quelqu’un qui publie sur le web et qui est en totale contradiction avec l’article : quel rédacteur d’un clicbait comme jeuxvideos.fr aurait refusé un million de dollars en disant que l’argent ne l’intéresse pas. Tout n’est donc pas pourri au royaume du web, il faut juste chasser les marchands du temple.
      Mais la principale raison de mon intervention est tout simplement la qualité orthographique et grammaticale de mon « cher confrère ». Je suis littéralement atterré qu’un docteur écrive de cette façon. Quand je reçois une candidature pour un sujet de thèse avec la même qualité rédactionnelle, c’est poubelle direct.

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      • Je ne connaissais pas les travaux de Grigori Perelman, merci de l’exemple. Je ne suis pas très au courant sur les mathématiques. Mais il est vrai que les publications sur des plateformes nouvelles sont de plus en plus au goût du jour.
        Ah une reflexion pleine de sens, je ne suis pas en bon terme avec l’écriture surtout française. Je ne suis pas encore docteur non plus mais la rédaction peut s’améliorer avec le temps, l’inventivité, l’acharnement, le sacrifice de la vie personnelle et la passion sont plus rare. Je pense que c’est pour cela que je n’ai pas fini à la poubelle.

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  13. Merci pour cette article extrêmement intéressant et qui, malgré un ton désabusé manifeste, ouvre les yeux.

    Le danger du gratuit pour la liberté d’expression de celui qui écrit est une évidence que je n’avais bêtement pas transposé à Internet alors que je l’avais perçu dans la presse écrite (comme beaucoup de monde sans doute). Entre la lecture d’un 20min distribué devant la bouche de métro et celle d’un Canard Enchaîné acheté chez le buraliste, la différence est criante.
    C’est au modèle économique du Canard Enchaîné que m’a fait penser les pistes du web payant que vous évoquez. Un contenu bien écrit pour une information fiable par des journalistes salariés convenablement et guidé par une ligne éditoriale (pas une ligne commerciale). Un média qui clame haut et fort son indépendance en jouant la transparence : comptes de l’entreprise publiés annuellement, descriptions des investissements… et au final, ils engrangent leurs bénéfices dans le coffre de la société pour parer aux périodes de vache maigre et aux tentations publicitaires. Si je ne suis pas toujours d’accord avec leurs analyses, je respecte leur travail et suis fier d’y contribuer financièrement.
    Un commentaire plus haut citait déjà Arrêt sur Images, je n’y reviens pas, c’est tout à fait l’esprit à développer.

    Merci encore, je reviendrai lire le prochain article (et ce, même s’il ne devait faire que 200 caractères).

    Bien à vous,

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    • Attention aux idées reçues : le canard enchaîné reçoit tout de même plus de 500 000 euros d’aides de l’Etat chaque année (liste publiée chaque année sur le site du Ministère de la Culture). Les sites web d’information se sont battus pour en avoir autant et c’est loin d’être le cas… Par ailleurs des journaux comme Le Monde ou Le Figaro se vendent essentiellement grâce aux abonnements Air France qui les offrent gratuitement aux voyageurs, qui l’eût cru…

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  14. Tu fais le constat de quelque chose qui crève de plus en plus les yeux ces dernières années et sur pratiquement tous les sites.

    Le domaine du jeu vidéo est en plus un peu particulier car le média est jeune. On voit des gens en parler sérieusement depuis vraiment peu et ils sont immédiatement torpillés par des top 10 impertinents. Cela donne vraiment l’impression que l’intelligence et les discussions commencent à s’étouffer sur le web.

    Même Youtube, avec des youtubeurs qui se disent vouloir impliquer leur communauté. Au final j’ai l’impression de les voir plutôt comme des animateurs télé qui flattent l’égo du public mais en gardant cette dimension de leur servir un contenu attendu et formaté pour finalement se faire du fric et en vivre. Ils en viennent, comme le joueurdugrenier, à partir sur une seconde chaîne tellement ils ont peur de perdre de l’audimat (parce que finalement c’est ce que c’est) s’ils présentaient trop frontalement un concept un peu plus brouillon ou simplement différent. (J’avoue qu’après ils ne sont pas des vidéastes qui cherchent à faire des débats ou lancer des réflexions)

    Le web devient pas mal comme la télévision au final ; surtout avec la montée en puissance des plateformes vidéos et les réseaux sociaux… On donne aux gens ce qu’ils veulent en échange de leurs informations, leur temps et leurs esprits.

    Demander des pourboires me semblent une bonne idée et pour prendre l’exemple de jv.com, franchement j’aurai payé pour éviter le rachat par webedia et le détournement du contenu qui a suivi.

    Mais même cela n’est pas une super solution comme on le voit sur youtube.

    Benzaie par exemple est un vidéaste qui accepte les « tips » sur tipee.com. Et dans une de ses diffusions en direct, il expliquait qu’il ne pouvait plus inviter ses copains ou parler de ce qu’il voulait. Comme les gens payaient, il devait leur fournir un contenu précis et calculé pour ne pas les trahir et en venait à classer les personnalités de la vlogosphère en tant que « bankable » ou « non bankable ».

    Et ca devient même encore plus triste d’un côté car on assiste à un créateur de contenus qui doit se formater lui même, se retenir d’expérimenter des choses, s’engager dans une routine pour continuer à faire ce qu’il fait ; au lieu de faire ce qu’il aime. On frise l’auto-sabotage avec ce genre de système dirait on…

    Mais peut être qu’avec le temps, ça finira par venir. Peut être qu’un jour les gens qui cherchent à éviter les « putes à clic » se réuniront et monteront un site où chacun mettra la main à patte pour essayer de rester pertinents et intègres. J’ai vaguement entendu parler de la vidéothèque d’Alexandrie qui ressemblerait plus où moins à ce genre d’idée mais je ne suis pas du tout ce site pour savoir si ça marche ou pas. Et il est sûrement trop tôt pour le dire, le concept n’a pas un an.

    En tout cas, je te souhaite bonne continuation.

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  15. Ca fait tellement plaisir de te retrouver Dino ! toujours en forme à ce que je vois.
    Comment ça se fait que tu ne sois plus sur JVC ? J’ai bien ma petite idée, lol.

    Je te souhaite de trouver du taff. Tu le mérites.

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  16. Pingback: La dérive de la presse dématérialisée - THINK OVER THINK OVER

    • … mais malgré cette énorme erreur et le mépris dont tu as fait preuve pour le travail des développeurs qui ont bossé sur ce jeu, tu étais une figure de jeuxvideo.com et tu vaux mieux qu’Epyon et tous ces nouveaux guignols.
      Bonne chance quand même dans l’avenir.

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  17. Pingback: Septembre 2015 [CDM #1] | Pilgrimwen's Podcast

  18. Pingback: La publicité est un problème, pas la gratuité. | Tuxicoman

  19. Bonjour et merci pour cette lecture,

    Je n’ai pas non plus de solution, mais j’aimerais vous faire part de plusieurs remarques vis-à-vis de votre article.

    Tout d’abord sur la « gratuité » supposé du contenu de nos jours, comme vous le soulignez, nous sommes passés d’un web de passionnés heureux de partager sans autres retours que l’avis de leurs pairs à un web de producteurs de clics rémunérateurs. D’une part, c’est un dialogue entre le producteur de contenu et les internautes, d’un autre c’est un ménage à trois, où l’annonceur s’immisce.

    En cherchant à monétiser son site sur le net en laissant le contenu gratuit pour l’utilisateur, on devient le Derrick (producteur de contenu) qui extrait le Pétrole (clics) pour la compagnie (Annonceur). Et si la meilleure méthode est de faire de la fracturation hydraulique des cerveaux connectés (je pense, pour ce parallèle au grosse pub flash invasive qui se déclenche toute seule avec le son à fond et dont la croix de fermeture est planquer sur la page…), tant pis.
    On ne peut plus appeler ça un dialogue, le but de la communication entre l’internet des années 90 et celui d’aujourd’hui à changer.
    Je conçois, bien sûr, que produire du contenu nécessite rémunération, mais dans cette logique, ce n’est plus du partage…
    Ce que je veux souligner c’est qu’indépendamment de la finesse d’esprit moyenne des internautes, tout est fait aujourd’hui pour produire de l’argent avec un système conçu pour partager des ressources. L’internaute de passage n’est plus qu’une matière première, le clic, qu’importe si le clic débouche sur une visite de 2s ou 15minutes, avec une lecture totale de l’article ou avec une lecture diagonale du début à la fin du seul titre.
    La logique même impose alors le lien putaclic, la qualité du référencement google indépendamment du contenu etc… C’est quelque chose qu’il aurait été difficile de prévoir mais que l’on voit très bien aujourd’hui.

    Je reviens donc sur ce que je disais plus haut web publicitaire moderne, ce n’est pas un ménage à trois, c’est l’exploitation de l’internaute (à la fois le « producteur » et le « consommateur ») au profit de l’annonceur.

    Et là j’en viens au deuxième point, croyez-vous réellement que les annonceurs feraient ce métier si il n’était pas rémunérateur et profitable pour leurs entreprises? Que le cerveau fasse le tri entre pub et non pub et qu’il ignore la pub parce qu’habitué? Je n’en suis absolument pas certain, j’irais même jusqu’à dire que c’est le but de la manœuvre : rendre la pub tellement omniprésente qu’on y fait plus attention.
    Et ne pas y faire attention ne veut pas dire qu’on n’en retient rien, cela veut simplement dire que l’on analyse plus consciemment ce que l’on voit et c’est bien plus grave, parce que les mécanismes de défenses conscients que nous pourrions ériger n’entre plus en jeu, comme dirait Michel Desmurgets dans son excellent TV Lobotomie (à voir ou à lire), « la pub passe alors sous la ligne de flottaison du cerveau », directement dans le subconscient.
    Il n’y a rien d’étonnant quand on sait cela de voir que ce sont les publicitaires qui sont les premiers financeurs des recherches en neuro-science…
    Je trouve que cette attitude des annonceurs (et de la publicité en général) est un viol, un hack (au sens Black Hat) de nos cerveaux. Et malheureusement très peu de gens en ont conscience…

    Voilà pour les deux points principaux sur lesquels j’ai un avis foncièrement différents du vôtre.
    En résumé, aujourd’hui les annonceurs ont tout intérêt à favoriser le putaclic, parce que plus de clic, c’est plus de pub vues que nous lisions ou non l’article jusqu’au bout. Pour l’annonceur, il est donc largement souhaitable que les articles ne soit pas intéressants, longs ou de fond. Passer par 10 sites en 30 minutes est bien plus intéressants et rémunérateurs (au sens promesse d’achats dans son enseigne) pour l’annonceur qu’autre chose et toute personne qui souhaitent être rémunérée par le biais publicitaire se retrouve pris dans ce schéma. (Une autre image me revient, pour faire le parallèle avec l’autoroute de l’information promise avant 2000, cette autoroute est devenu aujourd’hui celle décrite par une belle tirade du Juge de Roger Rabbit avec tous ces panneaux publicitaires, ces aires d’autoroutes etc…)

    Maintenant, pour faire avancer le schmilblick, je pense que la qualité des articles n’est simplement pas compatible avec le régime de revenus publicitaires, que ce soit par encart publicitaire (bien souvent bloqué) ou par articles sponsorisés (perte de crédibilité auprès du lectorat). Si vous voulez des revenus par ce biais, il faudra vous soumettre aux exigences de votre client annonceur, car ce régime implique que vous soyez le prestataire extracteur de clic pour l’annonceur et cela vous mettra en concurrence avec les autres, là ou autrefois tout le monde venait pour le partage… Mais quand un producteur de contenu décide qu’il devrait être rémunéré pour ce qu’il partage ne perd-il pas de vue ce qui lui à donner l’intérêt d’internet du temps du partage?

    Le web des pages persos continue d’exister en arrière plan, il faut juste ne plus attendre de la plus grosse régie publicitaire du web (Gogole 1er) qu’il vous aiguille vers ces sites… Ce n’est pas le net qui part à la dérive comme j’ai pu lire en commentaire, ce sont les algo de google qui nous entraînent vers toujours plus de publicité et ceux qui prennent leur module de pub, les adsens & co, pour se rémunérer passent du statut d’internautes à celui de sous-traitants ou de prestataires du clic.

    Pour conclure, « Sur la toile, la gratuité n’est pas une liberté, c’est une dictature. » :
    La gratuité par la publicité n’existe pas, les entreprises investissent massivement dans la publicité sur le web ou autres médias, si elles n’y gagnaient rien, elles n’en feraient rien. L’erreur c’est de croire la gratuité pour le lecteur possible en en retirant une rémunération. Sur les 100 lecteurs d’un article à pub, si un seul achète le produit, la boîte rentre déjà dans ses frais, c’est de la spéculation efficace doublé d’une manipulation profonde de nos subconscients.

    Pas sur que les défenseurs de la pub sur le net continueraient en vanter les mérites si ils avaient conscience de ces implications réelles…

    Greenman

    PS : J’ai lu l’article ce matin et rédigé petit à petit dans la journée, il n’est pas impossible que je me sois un peu égarer dans ma réponses par rapport à votre propos initial, si tel est le cas veuillez m’en excuser!

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  20. J’ai très bien connu la presse JV. j’ai vécu plusieurs époques.
    Ce que vous dites est juste les mecs, mais vous oubliez la base.

    Lorsqu’il n’y avait pas d’internet, pas de youtube, le modèle économique, c’était :

    le petit boutonneux de dix/seize ans qui dépensait 200 francs par mois à acheter TOUS les magazines de JV possibles et qui dépensait 700 francs par mois s’il pouvait à s’acheter un nouveau jeu.
    Ce genre de « kevin » (que nous étions tous) était très content avec des mags de MERDE: souvent avec une orthographe de merde.

    Economiquement, chaque gamin pouvait dépenser 200 francs pour acheter tous les mags du linéaire, et il n’était pas toujours conscient que la qualité était mauvaise: c’était un business très rentable qui a enrichi ceux qui éditaient jusque dans le milieu des années 90..

    Puis… Nous avons grandi. Nous avons tous appris … l’orthographe! (c’est devenu l’époque où tous les passionnés de jeux vidéo se faisaient des battle d’orthographe et de grammaire)

    Progressivement nous sommes devenus moins Illettrés, plus difficiles pour ce qui est des mags, tout en restant dans notre esprit en 1989.

    On a commencé à vouloir plus de qualité. On a commencé à faire attention à l’orthographe.
    Et la mode a changé. En fait dès 1998, le jeu vidéo console non spécialisé, c’est en perte de vitesse.

    Si on veut gagner de l’argent, il faut commencer à se spécialiser (n’écrire QUE pour telle console, puis QUE sur le JEU de rôle)

    En fait, avant même que Internet ne devienne très Grand Public, le jeu vidéo n’est PLUS UN LOISIR GRAND PUBLIC, c’est progressivement devenu un loisir SPECIALISE.

    Donc concrètement, de moins en moins de lecteurs, MAIS plus motivés, plus investis, mais plus difficiles sur la qualité du contenu : le lectorat a aussi grandi avec ses magazines, il découvre l’orthographe, il veut des magazines qui grandissent avec lui.

    Mais déjà on sent les premiers problèmes sur les ventes : les « Kevins » qui achetaient tout il y a dix ans, n’achètent plus comme avant. Il faut aussi se souvenir que c’est la première grande crise économique de 1993 et que le pouvoir d’achat commence à baisser.

    La suite est facile à comprendre : l’arrivée d’internet fait que déjà dès 2000, ça n’a pas vraiment de sens d’aller à L’E3 à Los Angeles. déjà, dès 2000, 2001, quand tu vas à l’E3 ils te donnent… une adresse email pour recevoir le press kit. ça n’a plus d’interêt de financer le voyages des journalistes pour obtenir des photos que tu peux avoir par email!

    Le problème de sites comme youtube est que tu peux taper « E3 200X » et tu te retrouves avec une vidéo de tel ou tel truc en exclusivité.

    La mode du DVD dans la presse va donner un bol d’air temporaire en jouant la carte du plus produit et qui va tenter aussi temporairement le « beauf kevin » pour avoir de quoi mettre dans son DVD, mais ça ne durera pas longtemps.

    Les modes changent, le lectorat vieillit, il grandit, il a une copine, elle tombe enceinte, tout le monde ne peut pas dépenser 100 euros par mois pour changer de jeu tous les mois, tout le monde ne peut pas passer toute ça vie à jouer sur les jeux vidéos : le lectorat est donc moins important.

    Paradoxalement, ceux qui restent sont des passionnés, et ils ont grandi, ils sont exigeants. Ils ne sont plus les kevins boutonneux qui étaient heureux de dépenser 30fr pour un mag rempli de pubs score games et sunrise bourrées d’articles d’import hors de prix.

    Ce sont devenus des esthètes, des passionnés. Ils écrivent bien. Ils font des recherches pointues. Il y a de la passion et de la réflexion dans leurs écrits.

    On a donc vu, dès 2004 bourgeonner des projets de magazines vraiment intéressants. Certains très professionnels. Tous étaient sûrement bien plus professionnels que dans les années 80/90!

    Mais le monde a changé. la mode a passé. La crise aussi est venue par là. Le piratage. La mode de la gratuité du web, comme c’est bien expliqué.

    On va pas refaire le match.

    Les nouveaux mags ont amené du bon contenu, mais pour quel lectorat? Celui dont la femme est enceinte? Celui qui est muté à Dubai?

    Le jeu vidéo, c’est notre madeleine de proust à nous. Pour toute un génération, ça aura été notre « woodstock » à nous.

    Il y aurait beaucoup à écrire, mais pour moi ce qui a sérieusement commencé à tuer le JV, c’est l’arrivée de la PS2 : en bourse, tout le monde disait que le JV était le hollywood de demain, et ils ont dépensé des fortunes à produire des machines pour le grand public et ils sont sorti de l’esprit « jeu » de l’époque.

    Comprenez moi, maintenant on fait du rétrogaming. vous avez joué à un jeu des années 80/90 dernièrement? Vous voyez la difficulté? Il y en a certains, en une heure, beaucoup de mes amis ne dépassent pas le deuxième niveau!

    Les jeux vidéo du passé, c’était de la qualité, du fun, et tu en avais pour ton argent. il te tenait facilement un mois à jouer régulièrement.

    Puis est venu la grosse machine boursière sur PS2, et ils ont commencé à faire des super cinématiques, des super visuels, mais avec la durée de vie et le fun en moins : ça doit être comme un film coco! rapide, pour que t’en achète un autre vite fait, et pas trop dur, pour que le casual game et ta maman puissent le finir sans que ça les frustre trop!

    Les ingrédients qui avaient fait le succès du Jeu Vidéo étaient remplacés par les ingrédients du loisir jetable hollywoodien !

    Et maintenant, avec les smartphones, la plus part des téléphones peuvent émuler à la perfection bien des jeux : donc plus besoin de console!

    En voulant être casual gamer et en ne se concentrant plus sur son originalité, finalement l’amélioration de la technologie est en train de faire disparaitre la console.

    Si vous m’avez lu juste là, j’insiste pour parler d’un truc très important : l’argent. Et on en a plus. Un des succès d’internet ou de Facebook, c’est que c’est gratuit. Quand je vois des copines, ou les filles de mes amies, si elles n’ont pas d’argent, elles passent deux trois heures sur Facebook, c’est gratuit, ça passe le temps. pareil pour certains jeux. On joue avec, une heure, ou deux, c’est gratuit. ça paraît bête comme ça , mais c’est une stratégie assumée de la part des gens. Ils n’ont pas d’argent et essaient de tuer le temps avec deux trois trucs gratuits, pour garder leur argent pour « la » sortie importante.

    ça rejoint l’impression de l’auteur de ce blog qui dit que les gens ouvrent plein de pages sans forcément les lire. Parcequ’en fait, ils ne font qu’essayer de tuer un peu le temps, ils ne cherchent pas « vraiment » l’information.

    Il y a toujours des gens qui collectionnent les timbres, il y a toujours des passionnés de modèles réduits de trains : il y a donc toujours des passionnés de jeu vidéo.

    Mais de nos jours, ils ne sont plus suffisants pour faire vivre un mag. à moins de 5000 ventes, vous ne pourrez même pas vivre comme un étudiant même si vous faites la maquette et écrivez tous ls textes : et il faut vendre le mag 9 euros LOL! Pour certaines personnes c’est le prix de DEUX repas faits à la maison ou d’un repas à la brasserie ou au Flunch du coin: en période de crise on réfléchit avant de dépenser 9 euros dans un « loisir » …

    Le problème du jeu vidéo, c’est que la mode a passé.
    On a grandi.

    Avant on était jeunes on avait pas de copine, on dépensait toutes nos thunes dans le JV.
    Aujourd’hui on a tous grandit, on a des crédits, on a des épouses, des enfants…
    Avant d’acheter un mag à 9 euros, il faut acheter les couches de la petite!

    Alors évidemment, il reste le rétrogaming. C’est pour moi le seul marché qui a encore un avenir.
    C’est un marché de passionnés souvent assez riches ou en tout cas qui mettent leurs ressources dans ces achats d’anciens JV.

    Mais de là à gagner sa vie dans le rétrogaming, je ne sais pas. En tant que vendeur spécialisé, les boutiques en vivent bien apparemment. En tant que rédacteur, je ne pense pas, car il y aura toujours plus d’offre de rédacteurs passionnés que de demande de gens prêts à payer pour lire un article.

    C’est le rêve des types de notre génération : être testeur de jeux vidéo.

    Il y aura toujours plus de types qui voudront réaliser leur rêve que de lecteurs prêts à payer pour avoir ton article.

    Le monde a changé. On est plus des enfants!

    C’est notre madeleine de proust!

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  21. Tes arguments se tiennent mais je change pas d avis pour moi il vaut mieux un internet gratuit tanpis pour la pub et tout ce qui s’en suit …
    Apres tout qu’est ce qui me dit qu’avec un contenu payant les chose changeront (contenu de meilleur qualité sans pub) ? De toute façon tant que la pub leur ramèneront de l’argent il en mettront (Site payant ou pas payant) La pub oppressante les « click me » site espion on y est habituer alors on peut vivre on se considerant comme une vache qu’on triat ou on s en battre les ***** c’est mon cas

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  22. Pingback: La gratuité du contenu sur le web

  23. Moi aussi je suis créateur de contenu, je suis également un peu désabusé parfois. Bon article. Je viens seulement de le lire (et par chance), heureusement que je l’avais mis dans un dossier « à lire » en favori de mon navigateur au milieu de 200 autres liens^^

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  24. « Google n’aime pas ça. »

    Ah bon, depuis quand?

    Les pages WP suivent exactement ce schéma, et pourtant elles sont très bien référencées.

    C’est rigolo de taper sur gogol, mais je ne vois ici pas l’ombre d’une preuve.

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  25. Pingback: Regard sur le Web - mai 2015 | Le Monde des Langues

  26. Je pense que le renouvellement des publications papier payante, notamment dans la presse jeu vidéo, est une réaction salvatrice, désormais marquée et suivie. JV et d’autres ont senti le vent tourner relativement tôt.

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  27. Article bien écrit et qui traite le problème sous un angle assez large. Au passage, ça fait plaisir de te lire Dinowan.

    En ce qui me concerne, j’ai suivi immédiatement Gamekult dans sa démarche, sans tergiverser, tant j’étais atterré par le contenu des différents sites de jv (j’avais même pris un abo Premium avant l’appel de Yukishiro). Je lisais beaucoup de magazines de jv dans ma jeunesse et j’ai pris plaisir à retrouver le goût de la contrepartie, du contenu préparé soigneusement pour moi, lecteur contributeur.

    Je ne suis pas là pour faire de la publicité pour GK, juste pour dire qu’après quasiment 2 ans de Premium, j’ai vu la qualité des contenus augmenter (selon mes critères qui ne sont pas forcément partagés), j’ai surtout vu fleurir des articles que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Tous ne sont pas forcément extraordinaires, mais leur caractère exclusif me rend assez fier d’avoir contribué à leur création. L’équipe est plus détendue et libre que jamais, ça se sent et il n’y a plus de langue de bois. Bref, ils font leur taf presque sans barrières.

    C’est plus ce retour d’expérience que je voulais donner, à travers ce commentaire, à celles et ceux qui s’interrogeront un jour sur la nécessité de payer leur contenu web, quel qu’il soit. Les réticences me semblent logiques ; l’opposition aveugle est, elle, idiote.

    Voir plus de sites s’inscrire dans cette démarche me réjouirait, d’autant que certains ont adhéré aux GK Premium par principe, sans forcément partagé la ligne éditoriale du site, et ne s’y retrouvent donc pas forcément. Plus il y aura de choix, plus les lecteurs pourront contribuer au(x) site(s) qui leur ressemble(nt).

    Je reste persuadé qu’il y a suffisamment d’internautes pour faire vivre une grande majorité des sites. Mais je suis assez pessimiste quant à la propension des gens à passer à la caisse.

    Un dernier mot sur une réaction dans les com’ précédents, en particulier sur la circonstance que les gens refuseraient de payer dès lors que l’information est trouvable ailleurs sur le web. Il ne me semble pas déraisonnable de financer un site à un tarif raisonnable pour qu’il fasse ce boulot pour moi alors que je manque de temps pour mes hobbies et, naturellement, pour retourner internet à la recherche d’une info.

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  28. Pingback: - Cédric Maiore

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